Construire son propre avion dans son garage  pour moins de 20 000€ ? C’est possible. C’est ce qu’Alain GATHOYE (63 ans) a réalisé. Il a donné vie à un Gaz’aile, un petit avion biplace au fuselage constitué de cadres en bois et propulsé par un moteur de voiture, sur le même principe qu’un ULM. Aujourd’hui, le Visétois tutoie les nuages. Et a des rêves plein la tête.

De la brousse à son atelier visétois

A la base, rien ne prédestinait Alain GATHOYE à devenir pilote. Et encore moins constructeur d’avion. Quoique… « Je suis né en Afrique, et il y avait une piste d’aviation en plein milieu de la Brousse, où nous allions voir les avions avec mes parents. Puis ado, je rêvais d’être pilote à l’armée… Mais j’étais nul en math et ma vue n’était pas assez bonne », explique-t-il.

C’est chez InBev qu’il fera carrière en tant qu’acheteur technique, avant de voir son service délocalisé en Hongrie et la prépension lui être proposée. 

A la recherche d’un nouveau défi, il découvre sur internet le Gaz’aile, ce petit avion ULM économique, démontable et relativement simple à construire. Pour 300€, il achète les plans et le permis de construire au concepteur de l’avion, Serge PENNEC. Et c’est parti pour la grande aventure !

4 ans et 3500 heures de travail

Meubles, aménagements dans la maison, menuiserie, … Alain GATHOYE est bricoleur et aime travailler le bois. Armé au départ d’une scie à main et d’une lime pour seuls outils, il se lance fin 2012 dans ce chantier colossal. Il lui faudra plus de 4 ans et 3500 heures de travail pour voir son petit coucou voir le jour : « Quand on se lance dans un tel projet, c’est 24H/24 », avoue-t-il. « La journée on y travaille, le soir on y pense et la nuit on en rêve ! ».

D’ailleurs, rares sont les courageux à aller au bout de l’entreprise : selon les estimations du Visétois, une septantaine de Gaz’ailes volent actuellement (surtout en France) et seuls deux courageux Belges ont réalisé un avion entièrement.

La tête dans les nuages

En 2017, c’est l’heure du premier vol ! Un moment très stressant pour le constructeur amateur, qui s’en souvient comme si c’était hier. C’est un pilote averti qui se charge des premiers essais (concluants), et qui deviendra par la suite l’instructeur d’Alain GATHOYE. Car le Visétois ne possède toujours pas de licence pour piloter lui-même son avion . C’est donc en tant que passager qu’il prendra pour la première fois son envol : « Je pensais avoir de fortes émotions ce jour-là, mais je n’ai rien ressenti du tout, tant j’étais concentré sur l’aspect technique. Il a fallu encore de nombreux réglages, pendant plusieurs vols, pour peaufiner les réglages. C’est maintenant que je m’y sens bien. On est dans une bulle hermétique, sans courants d’air. Par des journées très claires, on a vraiment l’impression d’être dans les nuages ».

Direction la Provence

Aujourd’hui, Alain GATHOYE a basé son Gaz’aile à l’aérodrôme de Maillen, près de Namur, où il poursuit son instruction en tant que pilote : « C’est un avion extrêmement rapide, pas évident à piloter. Il peut atteindre 300 km/h en vitesse de pointe, et sa vitesse de croisière est d’environ 220 km/h. » Son rêve, quand il pourra piloter en solo ? « Partir dans le sud de la France avec mon épouse. Il faut à peine 4 heures pour s’y rendre. C’est prévu pour l’année prochaine. »

E.H.

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