Magnifique exposition liégeoise, pleine de découvertes et de poésie picturale

18 Oct, 2026 | Info

Rendez-vous dans le parc de la Boverie, non loin de la gare des Guillemins, grâce à la passerelle La Belle Liégeoise. Vos pas devraient vous conduire dans ce temple des beaux-arts qu’est le musée de la Boverie, à Liège, où vous pourrez découvrir, jusqu’au 29 mars 2027, de 10 h à 18 h (fermé le lundi), l’exposition « L’IMPRESSIONNISME EN BELGIQUE », réalisée par les équipes du musée et TEMPORA.

J’aime citer ces mots de Stefan Zweig : « Je passe mes vacances en Belgique, car ce pays a pris, à la fin du siècle dernier (XIXe siècle), un essor artistique extraordinaire et a même, en un certain sens, dépassé ce qui se fait en France. »

Accueillis par Émile Verhaeren et ses amis, vous entrerez dans un monde fascinant, enrichi par un parcours multimédia qui analyse en cinq minutes les progrès, tant techniques (le tube de peinture, la photographie, etc.) que sociétaux, qui ont fait de la Belgique un pays à la pointe de la modernité, voire son épicentre.

Ce sont d’abord des paysagistes qui lancent le mouvement. Ce n’est pas encore de l’impressionnisme, mais, à la suite du mouvement apparu en France, des peintres, des graveurs et des photographes vont souvent dépasser l’école française. Le groupe des XX (1883-1893) va réunir ces artistes : Octave Maus, James Ensor, Félicien Rops, Fernand Khnopff, Théo van Rysselberghe, Guillaume Vogels, Anna Boch, Henry Van de Velde, George Minne, Paul Signac et bien d’autres encore.

C’est parmi ces artistes que l’impressionnisme belge se développe, évoluant jusqu’au néo-impressionnisme, reflet d’une civilisation de plus en plus industrielle. Au début du XXe siècle, on retrouve également les mouvements Vie et Lumière, le luminisme, l’Art nouveau et le fauvisme. Bref, plus de cinquante ans de culture artistique sont présentés !

Cent cinquante chefs-d’œuvre, et non des moindres, sont réunis, avec un face-à-face artistique entre les maîtres belges (Ensor et Émile Claus, notamment) et français (Claude Monet et Camille Pissarro, entre autres).

J’ai été frappé par la scénographie sobre et élégante, qui magnifie ces œuvres majeures, accompagnées de commentaires éclairants. Cette exposition a été rendue possible grâce aux prêts de vingt institutions belges ou collections privées, ainsi que d’une dizaine d’autres institutions étrangères, notamment de France (musée d’Orsay) et de Suisse (Petit Palais de Genève).

Et ce n’est pas tout ! Un superbe catalogue, proposé au prix de 40 €, présente toutes les œuvres. D’autres objets consacrés à l’impressionnisme sont également en vente à la boutique du musée.

Pour terminer, mes coups de cœur vont à deux sections : les portraits néo-impressionnistes et l’impressionnisme au féminin, qui met à l’honneur des artistes connues comme Anna Boch, mais permet aussi d’en découvrir d’autres, telles que Jenny Montigny et Yvonne Serruys.

J.-P. LENSEN 

11 octobre 2026

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