Le retour à Pompéi, une exposition à Bruxelles à découvrir sans faute

22 Mar, 2026 | Info

L’histoire et l’archéologie nous aident à comprendre le passé. Mais lorsque nous avons une ville antique comme Pompéi, ensevelie le 24 octobre 79 de notre ère et qui retrouve aujourd’hui « des couleurs » grâce aux fouilles, le passé reprend vie. Cette ville figée dans le temps est de retour.

C’est la firme belge Tempora qui s’est chargée de la mise en scène de la résurrection de l’ambiance de Pompéi quelques heures avant l’éruption fatale du Vésuve. On y retrouve la scénographie typique de Tempora. Au Bastogne War Museum, par exemple, on suivait le destin de civils — homme, femme et enfant — et de soldats des deux camps lors de la bataille des Ardennes.

Ici, dans l’exposition « Retour à Pompéi », le spectateur suit une famille romaine — le père, la mère, la fille, un esclave et leur chien — le matin de l’éruption, avec en fond sonore les prémices de la catastrophe.

Le visiteur découvre d’abord un véritable joyau : la réplique des fresques très colorées de Boscoreale, conservées au musée de Mariemont, accompagnée de la maquette de ce vaste domaine.

Vient ensuite le passage ludique dans une longue rue animée de Pompéi. Aidé par le commentaire détaillé de cette famille sur audioguide, que voit-on ? Des inscriptions sur les murs et des fresques significatives, un bar (thermopolium) avec fruits, légumes et menus variés proposés aux clients, et à l’avant la célèbre mosaïque du chien de garde : « Cave canem ».

On découvre aussi une boulangerie avec la meule, le four et les nombreuses galettes exposées sur l’étal.

On entre ensuite dans l’intérieur d’une maison avec l’atrium central, sa décoration mythologique, son mobilier et l’autel dédié aux dieux Lares. Une animation présente une école et la punition infligée à un élève turbulent. Le visiteur passe également dans un bain public (thermes), où deux jeunes femmes se prélassent dans la piscine d’eau chaude (caldarium).

Mais l’atmosphère est déjà empreinte d’inquiétude : une charrette abandonnée dans la rue, un certain désordre… Des habitants sont partis ; d’autres, plus confiants, sont restés, comme la famille que nous suivons.

Une parfumerie permet de sentir différentes fragrances, tandis qu’un pressoir à raisins rappelle que les pentes du Vésuve étaient riches en vignobles. Une fontaine ornée d’un mufle de lion jouxte une épicerie où légumes et produits divers sont présentés dans des paniers d’osier ; à l’arrière, on découvre des vases céramiques et des verres d’époque.

Autre lieu important : le cabinet d’un médecin avec les instruments de sa profession. On passe également par l’endroit où se reposent les gladiateurs avant le combat, avec la présentation de leurs armures et de leurs armes.

En franchissant l’une des portes de cette cité entourée de remparts, le visiteur est ensuite immergé, grâce à un casque 3D, dans des combats de gladiateurs dans l’amphithéâtre… une compétition haletante !

Puis vient la fureur des dieux, comme annoncée : la fin de Pompéi et la course effrénée de la famille pour se mettre à l’abri. Vainement. La ville est bientôt recouverte de plusieurs mètres de cendres et de lapilli.

La conclusion évoque la découverte géniale de l’archéologue Giuseppe Fiorelli qui, en 1863, eut l’idée de réaliser des moulages en plâtre des corps des victimes. L’exposition se termine par une chronologie des découvertes archéologiques, qui se poursuivent encore aujourd’hui, depuis 1748.

À voir à Bruxelles, à Tour & Taxis, jusqu’au 25 juillet. Et pourquoi ne pas s’y rendre en train ?

Informations : www.expo-pompeii.com

Magnifique, cette exposition immersive est 100 % belge, avec Henri Dupuis comme scénariste, Marie Lempereur du musée de Mariemont, Camille Béranger pour la scénographie et le professeur Marco Cavalieri (UCLouvain), commissaire de l’exposition et grand connaisseur du site.

Jean-Pierre Lensen
8 mars 2026


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