Le cloître du centre culturel de Visé est en cours de rénovation

22 Mar, 2026 | Info

Je devrais plutôt dire le cloître de l’ancien couvent des chanoinesses du Saint-Sépulcre, autrement dit des Sépulcrines. Ne revenons pas sur l’histoire de ce couvent fondé en 1616 et que le musée de Visé a synthétisée à l’occasion des 400 ans de ce bâtiment par une grande exposition et un ouvrage très complet (toujours disponible).

Nous sommes ici au centre historique de la ville de Visé et au berceau gallo-romain de la cité, comme l’ont précisé les fouilles de l’historien John Knaepen et du conservateur du musée régional d’alors, Jean Massin, en 1960. Au Moyen Âge (Xe-XVe siècles), il y eut la Grande Cour, siège du seigneur de Visé, qui, écrit-on, fut établi sur des ruines plus anciennes.

Venant de Liège, des « Sépulcrines » s’établirent à Visé dès 1616. Leur chapelle date de quelques années plus tard. Ces sœurs cloîtrées organisèrent le premier enseignement collectif visétois, non pour des jeunes gens mais bien pour des jeunes filles, souvent en internat. Mais écrire, lire et calculer furent également rendus possibles, gratuitement, aux jeunes gens du quartier. Cette particularité permit aux « sœurs citoyennes » de subsister pendant la période française.

Jusqu’alors, les simples Sépulcrines étaient enterrées dans le jardin du cloître et leurs supérieures sous le pavement de la chapelle (voir les dalles récupérées sur le chevet extérieur). En 1828, la dernière sœur est placée en retraite. On trouve ensuite dans ces bâtiments le collège agricole Saint-Hadelin, qui se transformera en école moyenne pour garçons en 1851. En 1936, les six années secondaires sont offertes aux jeunes Visétois et cet « Athénée »
occupera les lieux jusqu’en 1983 avant de déménager vers le site, plus adapté, du Gollet.

Mais un événement historique va bouleverser cette longue histoire : le samedi 15 août 1914, la ville de Visé est incendiée par les troupes allemandes et le bâtiment est entièrement détruit. C’est le grand architecte Thuillier qui sera chargé de le reconstruire (il en ira de même pour le local des anciens Arquebusiers de Visé). En 1926, l’école reviendra dans ces lieux.

Il faut savoir qu’un professeur de botanique, au début du XXe siècle, fit de ce jardin du cloître un petit jardin botanique avec potager et parterres de fleurs. Plus tard, sur cet espace devenu pelouse et avec l’avènement de la mixité, c’est là que les demoiselles passaient leurs récréations.

Depuis quarante ans, le cloître a connu plusieurs transformations. Il y avait autrefois des arbres, dont un grand résineux. Une fois ceux-ci disparus, la pelouse supportait mal la pluie et plusieurs « Cloîtres de Noël » se révélèrent très spongieux. On installa d’abord des planches, puis, lors d’une transformation plus récente, des pierrailles. Les arcades puis les quatre façades furent rénovées il y a quelques années.

Les travaux lancés ce 2 mars 2026 consisteront à installer un soubassement solide, puis une base en béton et enfin des pavés décoratifs.

Les activités continueront avec davantage de confort : pièces de théâtre (dont la troupe Cléâtre — cloître et théâtre), concerts, repas, fêtes de la musique, braderie, fêtes d’été de la gilde des Francs Arquebusiers visétois, stages, cours en extérieur, jeux d’extérieur…

La firme Denis Henquet (de Lixhe) ne s’arrêtera pas à cette magnifique restauration mais s’attaquera ensuite à la rénovation du parking du centre culturel, rue de la Chinstrée.

1616-2026… du destin de ces femmes opiniâtres au dessein d’une ville culturelle.

P.S. : La plupart des cloîtres de ces solides couvents ont souvent connu un destin culturel similaire, comme à Charleville, Maastricht, Verviers ou Liège… avec une devise : AVITA FIDE.

Jean-Pierre Lensen 04/03/2026

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