Depuis mi-juillet, une maison menace de s’effondrer rue Joseph Dethier à Dalhem. Conséquence directe de l’épisode des fortes pluies que la région a connu, la colline située derrière l’habitation a bougé. Et bouge encore : 3 à 4 cm par jour. Décrétée inhabitable par les assurances, la maison de Céline et Kevin sera démolie très prochainement.

Démolition imminente

Propriétaires, assurance, autorités communales,… Tout le monde est unanime : la maison de Céline et Kevin est trop instable et sera démolie rapidement. Une fois cette décision prise, le couple a pu accéder à sa maison durant 4 heures seulement, en compagnie d’une société spécialisée, pour récupérer ses effets personnels. Mais sans pouvoir bouger un seul meuble, tant la situation est délicate. Aujourd’hui, ils ont trouvé refuge dans une location à Berneau, payée par l’assurance. Et ils devront donc trouver un autre endroit pour établir leur nouveau cocon familial. 

La Nature plus forte que tout

A l’origine de cette situation, les fortes pluies qui se sont abattues sur la région mi-juillet, même si cette zone de l’entité n’a pas été touchée directement par les inondations. Il s’agit plutôt d’infiltrations intenses d’eau dans la colline sur laquelle la maison est adossée, et qui ont causé l’avancée d’une couche de schiste. D’anciennes activités houillères ont d’abord été évoquées comme cause de cette instabilité, mais le bourgmestre de Dalhem Arnaud DEWEZ dément : « Cette hypothèse n’est pas confirmée. Cette activité remonte à 100 ou 150 ans. Et nous n’avons pas pu déterminer s’il y a une galerie dans la colline. Personne n’est responsable de cette situation, il n’y a aucun conflit, défaut d’entretien ou malfaçon », précise-t-il.

Réouverture en octobre ?

A l’heure actuelle, le chantier de démolition est en cours d’attribution. Et Dalhem espère ensuite pouvoir rétablir la circulation, au moins partiellement. Le Bourgmestre table sur le courant du mois d’octobre, si les délais sont tenus. 

Pour une réouverture totale, il faudra encore patienter de longs mois, comme l’élu le confirme :  « Une fois la maison démolie, nous renforcerons la colline pour remplacer le poids de retenue de la maison par de gros blocs de béton, ce qui permettra d’éviter de modifier le phénomène et sa trajectoire. »

Suivi quotidien par balises GPS

Car la colline continue à bouger : chaque jour, elle avance de 3 centimètres, voire plus les jours de fortes précipitations. Il suffit d’observer la façade de la maison abandonnée pour le constater : l’écart entre les briques de parement est à présent de plus de 10 centimètres. Et des crevasses traversent le vignoble situé en amont. Au total, l’ensemble a bougé de plus d’1m20 en 2 mois. 

La colline est donc placée sous haute surveillance, comme l’explique Arnaud DEWEZ : « C’est un suivi à long terme, en partenariat avec des ingénieurs de l’Université de Liège. Des balises GPS ont été placées rapidement et d’autres ont été commandées auprès de l’Institut National de Géologie. 7 à 8 mois de contrôles sont prévus pour étudier le mouvement et son ampleur, puis nous ferons le point. A l’heure actuelle, nous ne pouvons encore rien entreprendre : il faut laisser la colline retrouver une stabilité par elle-même. »

Des voisins inquiets

Chez les voisins du terrain concerné, on n’est pas très rassuré : « Les voisins montrent des marques d’inquiétude, et c’est logique », poursuit le Bourgmestre. « Il y a 3 maisons concernées par le mouvement et pour le moment les repères ne bougent pas. Les balises qui vont être installées seront plus précises. » 

Si un éboulement soudain n’est apparemment pas à craindre, les riverains sont tout de même invités à évacuer leur domicile au moindre bruit suspect.

E.H.