Luc Spits Architecture a déposé la demande pour son projet de 11 étages à l’entrée de Visé.

C’est un projet que l’architecte Luc Spits avait dans ses cartons depuis plusieurs années : la construction d’un repère emblématique à l’entrée de Visé. 
Présentée au MIPIM (le marché international des professionnels de l’immobilier) à Cannes en 2016,  ce bâtiment avant-gardiste est à présent sur la table du service urbanisme de la Ville de Visé.

Un projet final plus intemporel

C’est officiel : depuis ce 19 avril, l’enquête publique visant la construction d’un projet de 11 étages rue Porte de Souvré a commencé. Les Visétois doivent à présent se prononcer sur ce projet de 13 appartements et bureaux qui en inquiète plus d’un, comme en témoigne la pétition lancée sur les réseaux sociaux et qui a déjà rassemblé plus de 600 signatures. 

Du côté du bureau d’architecture , Charlotte Matz, architecte Chef de projet, tempère : « C’est un projet que nous mûrissons depuis pas mal d’années. La version présentée au MIPIM en 2016 était un projet virtuel, destiné à montrer notre savoir-faire. Aujourd’hui, le dossier que nous déposons a été modifié : la forme est restée, mais le bâtiment est plus minimaliste et intemporel. Il y a une élancée verticale qui se termine en pointe, mais elle reste très simple. Du côté des matériaux, nous proposons une pierre gris-beige, qui se marie aux tonalités de la collégiale. Le but est que le nouveau bâtiment se fonde dans le paysage et établisse un dialogue avec la collégiale. »

11 étages, sans cacher la collégiale

Car c’est, entre autres, pour leur église que les Visétois s’inquiètent : « Concernant la hauteur par rapport à la collégiale, nous avons réalisé de nombreuses études », poursuit Charlotte Matz. « La pointe du bâtiment sera 13 mètres plus bas que la pointe du clocher. Il y a donc un rapport de 4 étages entre les deux. Il comportera 11 étages, bâtis à partir du niveau de la rue Porte de Souvré. » 

A hauteur du pont de l’autoroute, cela représente 9 étages, sans compter la pointe du bâtiment. Une hauteur qui tracasse les riverains, soucieux de conserver un ensoleillement suffisant. Là encore, les bureaux de Luc Spits rassurent, en affirmant que la plus grande ombre portée se fera principalement sur les toiture des habitations de la rue Basse, soit au Nord du projet, sur la toiture du projet lui-même et sur le parking en face du site.

L’entrée de Visé plus emblématique

Taxé de mégalomanie dans certains commentaires, le bureau Luc Spits souhaite replacer le débat dans une perspective plus large : « Avoir un bâtiment emblématique, c’est une belle opportunité pour une ville. Nous voudrions que ce projet devienne celui des Visétois et qu’ils se l’approprient. Pour le moment, le hangar à la place duquel nous souhaitons bâtir est la première vision que l’on a depuis l’autoroute : ce n’est pas très accueillant. Un tel bâtiment est un geste emblématique. Et s’il peut donner envie à d’autres de construire dans un style contemporain similaire, ce serait très bien », assume Charlotte Matz.

 Objectif : Visé, fier de son entrée

Il reste aux Visétois jusqu’au 3 mai pour consulter le projet au service de l’Urbanisme, rue de Mons, et donner leur avis. Les premières réactions sont plutôt froides, mais du côté de Luc Spits Architecture, on s’y attendait : « Nous savions qu’il y aurait des craintes, et nous le comprenons parfaitement. Nous ne sommes pas surpris et trouvons même plutôt positif que les gens s’expriment. Effectivement, ça ne ressemble pas à ce qui existe. Nous en avons conscience. Le but de notre démarche est d’avoir un projet phare à l’entrée de Visé, un projet contemporain. »

E.H.