C’est un bel imbroglio dans lequel se retrouvent les professionnels de l’Horeca bassimosans. Si la réouverture est prévue (sauf avis contraire) le 8 mai, cette reprise des activités ne concerne en réalité que les terrasses. Certains d’entre eux n’en peuvent plus d’attendre et ont prévu de reprendre le service dès le 1er mai, date initialement prévue. Coûte que coûte.

Le cadeau empoisonné du 8 mai

A l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est encore le flou total concernant l’ouverture des terrasses le 8 mai. On parle d’imposer une fermeture des cafés et restaurants à 20 heures et le protocole d’accueil des clients n’a pas encore été défini. Une proposition de relance partielle qui vire au cadeau empoisonné dans bien des cas. Alors que certains ont déjà pris la décision de ne pas dresser le couvert le 8 mai et de continuer avec le take away en attendant une reprise dans de meilleures conditions, d’autres refusent d’attendre plus longtemps : ils ouvriront le 1er mai, quoi qu’il arrive.

Le flou du Codeco

C’était a priori le cas d’une trentaine de restaurateurs de la Basse-Meuse, même si certains hésitent finalement, par peur des sanctions, à l’instar de Cyril Detrixhe, tenancier du Café « Le Bistrot » à Visé : « Il y a un vrai effet contradictoire dans les déclarations du gouvernement, car je ne vois pas ce qui changera entre une ouverture le 1er mai ou le 8 mai. J’ai envie d’ouvrir le 1er mais je redoute tout ce qu’il y a derrière, concernant les amendes notamment. On est tous un peu perdus par rapport aux déclarations du dernier Comité de concertation ».

Un arrêt de 9 mois qui marquera encore longtemps la vie de ces entrepreneurs, comme l’avoue le barman visétois : « Ça ne fait que 3 ans que j’ai repris et toutes mes économies sont parties dans mon café. Jusque là, on a pu mettre certains frais en stand by, comme les cotisations sociales. Mais le pire est à venir. Moralement, je me sens assez fort pour y arriver, mais il faudra plusieurs années pour récupérer de cette fermeture prolongée ».

Une semaine qui pourrait coûter cher 

Mais attention : ouvrir une semaine avant la date officielle pourrait potentiellement transformer la vie des fraudeurs en enfer. Interviewé il y a quelques jours par SudPresse Fabian Hermans, administrateur de la fédération bruxelloise de l’Horeca, mettait en effet ses confrères en garde : « Il y a un vrai problème juridique, car le texte de loi encadrant les aides perçues de la Région indique bien que si un restaurateur ouvre clandestinement, il perdra non seulement les prochaines aides, mais devra aussi rembourser celles déjà perçues. Et c’est la même chose pour les primes reçues avant le Covid ! Ce serait une catastrophe et il faut en être conscient. J’appelle donc les restaurateurs à respecter la loi, mais aussi les différents gouvernements à mettre en place de nouvelles aides. C’est une question de survie ! »

Des ardeurs refroidies pour le 1er mai

Si les restaurateurs et cafetiers de Visé semblaient avoir un accord de principe de la bourgmestre Viviane Dessart sur une réouverture le 1er mai, les données ont considérablement changé depuis une semaine. Et beaucoup de professionnels Horeca de la Basse-Meuse se rétractent, comme l’explique Cyril Detrixhe : « Apparemment, la police locale ne nous embêterait pas. Mais la police fédérale a le droit aussi de passer et de mettre des amendes à ceux qui ne respecteront pas les règles ». Il a donc finalement décidé de rester dans les rangs : « J’avais envie d’ouvrir le 1er mai, mais je ne peux pas risquer de perdre les aides perçues jusqu’à présent. Je n’ai pas le choix : j’attendrai le 8 mai ».

D’autres semblent maintenir le cap sur le 1er mai. Les avis sont donc ultra divisés sur la question. Et tous attendent davantage de précisions dans les prochains jours pour prendre leur décision définitive : ouvrir quoi qu’il en coûte ou rentrer dans les rangs.

E.H.