C’est un dossier qui réapparaît depuis plus de 20 ans. Tel le monstre du Loch Ness ? Pas cette fois : la nouvelle place Reine Astrid à Visé, c’est du concret. Et c’est pour bientôt, avec un budget estimé à 4,3 millions d’euros.

Tous emballés, sauf « Oui Visé »

C’est ce mardi 23 juin que le projet final de la place a (enfin) été validé au Conseil communal de Visé, par 22 voix sur 25. Du côté de « Oui Visé », on a préféré triplement s’abstenir.
« On ne peut pas s’opposer à la nouvelle place, on sait que l’attractivité de Visé passe par elle. Mais il n’y a pas de maîtrise des coûts », redoute Stéphane KARIGER (conseiller communal « Oui Visé » et ancien Échevin du Commerce). « Le montant de 4,5 millions est une estimation : le marché doit encore être attribué. La majorité ne sait pas où elle va ! », complète-t-il. Le projet final représente une hausse de la prévision des dépenses d’environ 400 000 € par rapport eu projet présenté il y a un an.

« Il fallait moderniser le projet »

Du côté de l’Échevinat de l’Urbanisme, on s’en défend : « La part communale de ce projet représente 1 875 000 €. Le reste est financé via un subside de revitalisation urbaine de la Région Wallonne et par les impétrants (CILE, RESA, Proximus, …). », explique l’Échevin de l’Urbanisme, Xavier MALMENDIER, en charge de ce dossier. « Il fallait moderniser le projet. S’il est fait à moitié, autant ne rien faire ! Les prix annoncés précédemment étaient des estimations, qui ont à présent été recalculés précisément. Et la Ville n’a pas de soucis pour financer ce genre de projet : son budget annuel est de 25 millions d’euros par an et les taux d’intérêts sont très bas ». 

A quoi la future place va-t-elle ressembler ?

Par rapport au plan initial, plusieurs aspects on été modifiés. « Côté poste », une fontaine prendra toute la largeur de la place et la friterie disparaîtra. Un auvent en métal, avec effet miroir, sera disposé pour créer un jeu de reflets avec l’eau. « Côté Lehane », un ensemble varié de mobilier urbain en bois (certifié FSC) prendra place sous des arbres au « feuillage léger ».

La place se voudra conviviale : de multiples lieux de rencontre et gradins y seront disséminés, pour s’asseoir, discuter et, pourquoi pas, à l’occasion, assister à une représentation artistique. Quant à l’éclairage LED, il viendra du sol et des auvents, et sera modulable en fonction des événements et des moments de la journée. Le centre de la place pourra accueillir des événements festifs, sportifs et culturels tout au long de l’année, sans impact sur le parking ou la circulation.

Autre changement : au lieu des pavés drainants initialement prévus, ce sont des pierres bleues qui ont été préférées, de diverses tailles et textures, et garanties « locales » (pas d’importation de Chine).

Sur la placette « côté CRELAN », un kiosque sera érigé en tant que local technique et touristique, accompagné d’un écran destiné à diffuser diverses infos sur Visé et son actualité.

Modernité oblige, les bornes de recharge pour voitures et vélos électriques n’ont pas été oubliées, tout comme la possibilité d’équiper la place en connexion internet sans fil, caméras et hauts-parleurs.

Perte de parking

Au total, il ne demeurera sur la place que 19 places pour les voitures, contre 60 actuellement. Une perte de stationnement en partie compensée par la nouvelle configuration du parking de l’avenue Albert 1er, désormais sous-terrain (100 places). Un regret pour bon nombre de commerçants qui accueillent cette rénovation avec enthousiasme mais craignent pour l’accessibilité à leur magasin. « Entendre dire, de la part d’un Échevin du Commerce, qu’il y a assez de places de parking dans Visé, je ne peux pas le laisser passer ! », s’insurge Stéphane KARIGER (voir notre encadré). Xavier MALMENDIER tempère : « Je travaille pour les commerçants. Ils font partie constituante de l’identité de la ville. Mais il faut trouver un équilibre entre tous les acteurs : l’HoReCa, la culture, le tourisme, … ».

Le dossier doit à présent recevoir l’aval définitif de la Région Wallonne et, après un appel d’offre lancé en septembre, Visé souhaite attribuer le chantier au mois de décembre. L’espoir de Xavier MALMENDIER est de voir le premier coup de pioche mi-2021, pour un chantier colossal dont la durée est estimée à 250 jours ouvrables.

E.P.