Payer un loyer chaque mois pour leur logement étudiant ? Nicolas et Sam ont dit non et ont décidé de construire leur propre kot de leurs mains. Aujourd’hui, une idée beaucoup plus large a germé dans leur esprit…

Une tiny house en guise de kot

Au début, ils étaient deux : deux Bassi-mosans (Nicolas DéLENS, de Berneau, et Sam HENRY, de Richelle), inscrits en « Bachelier technologie du bois » à Libramont. En 2019, à l’aube de leur première année supérieure, ils se refusent à payer le loyer d’un kot, qu’ils jugent exorbitant et à fonds perdus. La solution alternative ? Construire leur propre kot, sous forme d’une tiny house (une maison miniature en ossature bois, bâtie sur une remorque à essieux permettant son déménagement). Après 5 semaines de gros œuvre, ils y emménagent alors que toutes les finitions sont encore à réaliser : « Ça a été un hiver très… froid , se souviennent-ils en riant. Puis nous avons installé un poêle et ça a été beaucoup mieux ! C’était intéressant et ça nous a appris l’indépendance. C’est une idée que nous avions depuis des années. On cherchait un logement en communauté, mais on a préféré utiliser le budget du kot pour construire notre tiny house. »

Maison nomade à louer

Aujourd’hui, ils sont cinq. Aux deux aventuriers des débuts se sont greffé trois autres motivés : Antoinette, Maxime et Antoine, respectivement étudiants en économie, marketing digital et communication. Car les données ont changé. Aujourd’hui, Nicolas et Sam sont prêts à se lancer dans les stages et l’Erasmus à la rentrée prochaine.

En laissant leur tiny house seule et abandonnée ? Hors de question ! Avec leurs trois compères, ils ont décidé de créer « ERNESST » (pour Epicurean Reunited for Nature, Ecology, Sustainability, Solutions and Technics), un collectif étudiant soucieux de mettre en avant des initiatives vertueuses via le tourisme local. Leur maison nomade, désormais baptisée « Célestine », se transformera donc en logement insolite dès cet été en prenant ses quartiers au bord du lac de Genval dès le mois d’août.

Confortable et local

Une tiny house, c’est comme une caravane ? Les deux amis s’en défendent : « C’est beaucoup plus grand ! Elle fait 6,60 mètres sur 2,50 mètres. On ne s’y sent pas du tout renfermé. On y trouve une mezzanine avec lit double, une salle de douche avec lavabo et WC, des taques de cuisson, l’eau courante, un poêle à bois, un coin salon … ». Une vraie petite maison dans la prairie, avec terrasse couverte en prime. Le but, à terme, est d’y mettre en lumière des artistes et produits locaux. « Avec les circonstances actuelles, nous avons juste lancé les locations pures à partir du mois d’août. Mais il y aura d’autres choses dans le futur. »

Bientôt des yourtes ?

Car le concept ERNESST est voué à s’élargir. Après avoir lancé des tee-shirts brodés en coton bio, le collectif projette le lancement d’autres logements insolites (sous forme de yourtes, par exemple), afin d’y organiser des événements, d’y mettre en avant des cosmétiques faits-maison, un service de chef à domicile… « On ne veut pas faire juste de la location et du tourisme. Et on n’est pas non plus dans l’écologie à tout prix. Pour nous, l’important c’est comment on fait les choses », précise Antoine.

Chi va piano va sano : les 5 étudiants attendent de voir comment se déroulent leurs premières location, puis mettront leurs autres projets en route. Et cela s’annonce plutôt pas mal : les 30 nuits mises en ventes à un tarif préférentiel de 99€ pour le baptême de Célestine ont été vendues en très peu de temps et la liste d’attente (en cas de désistement) ne fait que s’allonger.

Infos : Facebook et Instagram « Ernesst »
E.P.