Plaque commémorative

Il y a 75 ans, le 13 septembre 1944, Nicolas Beaurieux de Roclenge-sur-Geer sauvait la Ville de Maestricht de la destruction. J’ai raconté longuement son exploit dans le livre que j’ai publié en 2016 sous le titre : « Septembre 1944 – Un résistant belge sauve la Ville de Maestricht de la destruction ».

En voici brièvement les faits.

Le 12 septembre 1944 à 14h30, des officiers américains se présentent au domicile de Nicolas. Ils sont à la recherche d’un volontaire pour porter un message de la plus haute importance au bourgmestre de Maestricht. Nicolas Beaurieux accepte d’accomplir cette dangereuse mission. Après bien des péripéties, il arrive en première ligne à l’écluse de Lanaye. Un gradé américain tente alors de convaincre Nicolas de renoncer à sa mission. Mais Nicolas s’obstine. Dans la nuit, il rampe au milieu des Allemands après avoir dû poignarder un guetteur ennemi. Un moment pris de panique, il adresse au ciel une ultime prière et se souvient alors qu’il a en poche un brassard allemand. Il le passe au bras, rampe encore, puis se lève et marche résolument vers la ville après avoir traversé, sur une passerelle, le canal Liège-Maestricht. Un batelier lui communique alors fort heureusement l’adresse du bourgmestre f. f. Après avoir franchi audacieusement un poste allemand, il se présente Lenculenstraat chez E. Kersten et lui tend le message. Celui-ci est particulièrement menaçant pour la ville. Le Général américain HOBBS demande au bourgmestre de prendre contact avec les Allemands pour qu’ils évacuent la ville pour 7 heures au plus tard, sans quoi celle-ci sera détruite par l’aviation alliée et l’artillerie américaine. Il reste moins de 3 heures avant l’expiration du délai… Tandis que Nicolas reprend la route de Lanaye sous un feu nourri de l’ennemi. E. KERSTEN convoque chez lui un comité de crise. Ni l’ancien bourgmestre, ni les anciens échevins ne se portent volontaires… Entre-temps, Nicolas a rejoint miraculeusement les Américains à l’écluse de Lanaye. Mis au courant par radio, le Général Hobbs accorde un sursis à la ville, sursis que va mettre à profit E. Kersten pour prévenir ses concitoyens du grave danger qui les menace, il fait sonner toutes les cloches de la ville et mugir toutes les sirènes. S’imaginant que la ville entière se soulève, comme Paris s’est soulevée 3 semaines plus tôt, les Allemands fuient dans le plus grand désordre. Maestricht est sauvée.

J’ai insisté à plusieurs reprises pour que la ville installe une plaque commémorative en l’honneur de Nicolas. Mon entêtement a porté ses fruits. En mai 2014, une plaque a été dévoilée en ma présence Kapoenstraat n° 5, à proximité de la Lenculenstraat.

En voici la traduction : « Maastricht reste redevable d’une grande reconnaissance à Nicolas Beaurieux en raison de son admirable courage et de sa ténacité. Les 12 et 13 septembre 1944, il traversa les lignes ennemies en faveur de la délivrance et de la liberté de la Ville. »

Roger HIANCE