Alors que nous entamons une sortie partielle du déconfinement, de nouvelles habitudes sont nées durant la parenthèse que nous venons de vivre. Parmi elles, cette envie irrépressible de se (re)mettre en selle et de pédaler les cheveux au vent. Une tendance qui se confirme et s’accélère, même pour le retour au travail.

« Du travail comme en pleine saison »

Promiscuité, masque obligatoire, présence subreptice du virus, … Le trajet en transports en commun jusqu’au travail n’est plus le même qu’avant. Mais aucun de nous n’est tout à fait le même qu’il y a deux mois non plus. Nous avons, pour la plupart, pris malgré nous le temps de vivre, de respirer, de découvrir, de marcher. Mais aussi de pédaler. Si le vélo avait déjà le vent en poupe avant toute cette histoire, il continue sa grimpette et les marchands de cycles ne savent plus où donner de la tête. Ulrich FREDERICKX, gérant du Ravito à Visé, confirme : « J’ai des demandes par Facebook, par mail, par téléphone, …. On a de la chance, on a du travail comme en pleine saison. En ce moment, j’ai 50-60 vélos à l’entretien ». Même constat chez Cycleo, nouvel acteur situé à Barchon, qui a dû fermer après seulement 3 semaines d’ouverture mais a pu continuer le travail à volet fermé.

Achat sur photos ou vidéo

Car beaucoup de cyclistes du dimanche ont ressorti leur fidèle destrier pendant le confinement. Histoire de s’aérer et de bouger un peu. D’autres ont saisi l’occasion pour s’équiper : « Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui s’y mettent maintenant, nous avons tout le temps des nouveaux clients », observe le Ravito. Magasins fermés au public ? Pas  nécessairement un obstacle : « Nos clients achètent sur photo, puis on leur livre leur vélo chez eux», s’amuse Ulrich FREDERICKX. Chez Cycleo, les ventes se sont aussi parfois faites par vidéo Facetime ou WhatsApp. Et c’est un succès confirmé pour l’électrique, représentant jusqu’à 50% des ventes en magasin : « Ça prend vraiment de l’ampleur. On ne suit pas toujours au niveau du stock », reconnaît le gérant du Ravito.

Demande doublée

A l’heure où les transports collectifs (bus, train, covoiturage) sont déconseillés, l’enthousiasme des Bassi-mosans pour la bicyclette s’accentue encore davantage. « La demande est actuellement doublée », explique Léon LINOTTE, gérant de Cycleo. « Ça tient au fait que beaucoup de gens ont eu du temps libre, que c’était quelque chose de permis, que nous avons eu une belle météo et que c’est une tendance actuelle. »

Certains Belges ont en effet décidé de pédaler pour se rendre au travail ou effectuer de petites courses. Un bon moyen de respecter la distanciation sociale et de s’affranchir du stress de la promiscuité dans les transports en commun. 

Les villes s’adaptent

Certaines villes ont choisi de jouer le jeu, comme Verviers qui passe tout son centre-ville en zone 30 et crée des bandes de circulation réservées aux 2 roues. A Liège aussi on se prépare à accueillir plus de cyclistes, avec un centre-ville limité à 30 km/heure et un projet de 35 km de voies aménagées pour les cyclistes et les piétons (sont envisagés : des couloirs vélos, l’agrandissement d’espaces partagés entre cyclistes et piétons, la piétonnisation de certaines zones et le passage de rues en voies cyclables). Quant à notre région, Léon LINOTTE (Cycleo) regrette la pauvreté de son équipement « C’est un frein au développement du vélo. Il y a soit un manque d’infrastructures, soit elles sont trop clairsemées », déplore-t-il. 

Les magasins de cycles sont sur la ligne de départ pour accueillir leurs clients. Après le boom des vélos, ils s’attendent à présent à assister à un pic de ventes au rayon accessoires.

E.P