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Oct 2018

Muriel Gerkens

Coup de tonnerre dans les rangs d’Ecolo mardi dernier : Muriel Gerkens, tête de liste aux Provinciales à Liège n’a pas le droit de se présenter aux élections !

En effet, le code wallon de la démocratie locale interdit à un parlementaire d’être candidat aux Provinciales. Or, Muriel Gerkens est députée fédérale… Une info révélée par Le Vif l’Express qui sonne comme un coup de tonnerre au sein d’Ecolo !

De lourdes conséquences à Visé

Etant donné le calendrier, il est trop tard pour entamer un recours et annuler sa candidature : les listes ont été déposées officiellement le 14 septembre dernier et sont à présent non modifiables. Conséquence immédiate : le scrutin de son district pourrait être annulé et les Visétois invités à revoter plus tard pour les Provinciales.

Contactée par la RTBF le jour-même, la députée explique sa version  : « Il était clair que si j’entrais dans la majorité provinciale, j’arrêtais d’être parlementaire. Mais j’avais demandé aux services de la Chambre : pour eux, il n’y avait pas de problème à être candidate. Idem quand je suis allée déposer la liste et les candidats pour le district, on décline son nom, sa profession… et personne n’a rien dit. »  Muriel Gerkens invoque alors des textes contradictoires et peu clairs.

Démission de la Chambre

Mais la député fédérale a tenté de prendre les choses en main en décidant de démissionner de son poste à la Chambre. « Je veux pouvoir offrir une véritable alternative aux Liégeois. L’imbroglio administratif soulevé ces derniers jours ne peut pas occulter cet enjeu. J’ai dès lors décidé logiquement de démissionner de mon mandat à la Chambre afin de pouvoir être pleinement candidate aux élections provinciales », explique-t-elle dans un communiqué dès le lendemain. C’est Sarah Schiltz (31 ans), la benjamine du conseil communal de Liège, qui va la remplacer à Bruxelles pour les huit mois restants.

Pas encore sortie d’affaire

Une bourde bien gênante à seulement quelques jours du scrutin pour la Bassengeoise qui a annoncé se présenter pour la dernière fois à une élection, quelle qu’elle soit, afin de laisser la place à « une belle génération ». D’autant plus qu’elle ne sera pas forcément sortie d’affaire par l’abandon de son siège de députée. « La question de savoir si cette démission permet de régulariser la situation et de rendre Mme Gerkens éligible ne pourra être tranchée que par une autorité juridictionnelle – le conseil provincial – et éventuellement administrative – le Conseil d’Etat », a précisé Valérie De Bue, Ministre des Pouvoirs Locaux. « Muriel Gerkens et sa formation politique ne pouvaient ignorer que depuis 1831, il est impossible de siéger à la Chambre des représentants et au Conseil provincial ».

Une manque de rigueur qui fait grincer les dents au sein d’Ecolo, parti qui a pourtant fait de la réforme des pratiques politiques et du non-cumul des mandats un de ses chevaux de bataille…

E.P.